tenzin tulku

Mon Histoire

Je suis né en 1972 d’un père juif et d’une mère protestante qui ont découvert le bouddhisme peu avant de me concevoir. Ayant rencontré le vénérable Kalou Rimpoché, un grand maître du bouddhisme tibétain, ils devinrent très vite ses disciples. Quelques années plus tard, ils décidèrent d’ouvrir un centre bouddhiste dans notre maison à Montréal. J’ai ainsi eu le privilège de rencontrer et de recevoir des enseignements de certains des plus grands maîtres du bouddhisme tibétain. Un maître en particulier que nous recevions régulièrement était Geshé Khenrab, que tout le monde appelait affectueusement Geshé La. Geshé La dirigeait une autre communauté bouddhiste dans la région de Montréal, et c’est dans son centre, en 1979, que Sa Sainteté le Dalai Lama me reconnut comme la réincarnation d’un important érudit et pratiquant du bouddhisme tibétain.

Ma reconnaissance ne s’est pas faite d’elle-même. En 1975 ou 1976, Geshé Khenrab recevait Khensur Pema Gyaltsen, un grand érudit Tibétain et ex-abbé du monastère de Drepung1. Son apparence était impressionnante, il dégageait une présence austère, mais très chaleureuse et il avait un sourire magnifique qui venait du plus profond de son être. Mes parents l’invitèrent à déjeuner chez nous. Après son départ, j’ai demandé à ma mère qui était ce maître. Elle m’expliqua qu’il était l’un des maîtres de Geshé La, ce à quoi je répondis que moi aussi j’avais un maître, et que celui-ci s’appelait Geshé Khunawa. Je lui décrivis alors avec minutie l’endroit très lointain où vivait ce maître, dont j’étais le seul à savoir comment m’y rendre, ainsi que d’autres « amis » que j’avais et parlai d’une déité protectrice qui était un cheval ailé. Au début, ma mère pensa que j’avais simplement été impressionné par Khensur Pema Gyaltsen, et que c’est ce qui m’avait inspiré cette jolie fable. Elle relata cette histoire « mignon » à mon père qui la compta fièrement à Khensur Pema Gyaltsen sans arrière pensée. Mais ce dernier, loin de s’attendrir sur cette histoire d’enfant, devint soudain très sérieux. Il dit que je n’étais peut-être pas un enfant ordinaire, car il connaissait les personnes dont j’avais parlé, dont la plupart étaient mortes au Tibet longtemps auparavant.

Khensur Pema Gyaltsen retourna en Inde et entama quatre années de « recherches » pour identifier le maître dont je pouvais être la réincarnation. Il dressa une liste de personnes qui avaient été disciples de Geshé Khunawa, dont il retira ceux qui vivaient toujours et ceux dont on avait déjà découvert la réincarnation. Il présenta ensuite cette liste réduite à l’Oracle et à Sa Sainteté le Dalai Lama qui firent des pratiques de divination pour déterminer qui j’étais. Un jour de 1979, nous reçûmes deux lettres de l’Inde. La première était de Khensur Pema Gyaltsen lui-même qui expliquait à ma famille que son intuition était juste : j’étais la réincarnation de Geshé Jatsé, un maître tibétain de Sera Jhé, l’une des institutions monastiques les plus prestigieuses du Tibet, mort dans les années 50. La deuxième lettre était écrite par Sa Sainteté le Dalai Lama qui me reconnaissait officiellement et expliquait succinctement ce que signifiait d’être ce qu’ils appelaient un « Tulkou » (mot tibétain pour désigner les réincarnations de maîtres). Sa Sainteté avait également décidé de me consacrer son attention personnelle particulière car c’était la première fois que l’on identifiait un Occidental comme réincarnation d’un Geshé, c'est-à-dire un maître de l’école Gelugpa du bouddhisme tibétain.

Ces deux lettres secouèrent beaucoup mes parents qui, malgré leur foi dans les concepts bouddhistes de « non-soi » et de réincarnation, avaient l’impression d’avoir été plongés dans une nouvelle réalité où les notions de vie, de mort, de karma et de renaissance (qu’ils considéraient sans doute jusque là comme de simples théories) prenaient soudain un sens nouveau et plus personnel. Ils se sentaient heureux et honorés d’avoir donné naissance à un tel être, mais aussi sceptiques et un peu dépassés par ces nouvelles. Pour moi, c’était au contraire la chose la plus naturelle qui soit et je n’hésitais pas à en parler à quiconque voulait m’écouter.

Tout au long de mon enfance, j’ai continué à démontrer que je n’étais pas un enfant ordinaire. Lorsque j’avais à peu près neuf ans, je fus présenté au très éminent érudit Bouddhiste tibétain, Zong Rimpoché, qui avait été le cousin de mon prédécesseur. Il ne parlait pas anglais et son intendant-interprète quitta la pièce tout de suite après notre arrivée pour aller préparer du thé. Je m’assis alors devant cet impressionnant vieillard qui avait l’air très sérieux et ne dis pas un mot pendant presque une demi-heure, après quoi je me levais, fis trois prosternations et quittais la pièce. Mon père fut très surpris et un peu gêné, mais Zong Rimpoché éclata de rire. Son intendant, entendant ces rires revint pour voir ce qui s’était passé. Zong Rimpoché lui demanda de dire à mon père que je n’avais pas changé du tout. Lorsque mon père lui demanda ce qu’il voulait dire, Zong Rimpoché lui expliqua que la dernière fois qu’il m’avait vu (sous la forme de Geshé Jatsé), j’étais entré dans sa chambre, je m’étais assis sans rien dire pendant environ une demi-heure, puis que je m’étais relevé et prosterné trois fois, avant de quitter la pièce. Pour Zong Rimpoché, mon identité ne faisait aucun doute et il me donna une petite statue de Tsongkhapa (le fondateur de l’école des Gelugpa), que j’ai toujours gardée avec moi comme un symbole de reconnaissance.

Peu après le bouleversement provoqué par les deux premières lettres, notre famille reçut une troisième lettre, cette fois écrite par un groupe de moines d’un monastère en Inde qui se présentaient comme les amis, les disciples et les compatriotes de Geshé Jatsé. Ils expliquaient que ma place était parmi eux au monastère où je pourrais poursuivre mon éducation spirituelle, plutôt qu’avec ma famille au Canada. Mes parents ne comprenaient pas. Soudainement, tout se passait comme s’il était mauvais pour moi de vivre avec ma famille et que l’endroit où je devais absolument déménager séance tenante était en Inde parmi ces moines dont nous ignorions tout ! Ne sachant que penser, mes parents consultèrent de nombreux maîtres bouddhistes à ce sujet. Leurs réponses allaient de conseiller à mes parents de m’envoyer au monastère car c’est là qu’était la place normale d’un tulkou, à ne pas vouloir prendre position par peur de causer des tensions. Mes parents décidèrent finalement de me demander ce que j’en pensais. Le jour où ils l’ont fait est resté gravé dans ma mémoire. Ma mère est venue dans ma chambre pour me demander ce que je pensais de tout ça. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas m’opposer à mon karma et qu’un jour je serais obligé de partir. Mais que pour le moment je n’étais pas prêt. Mes parents consultèrent ensuite Sa Sainteté le Dalai Lama qui leur dit aussi que j’aurais à partir un jour, mais que c’était en effet trop tôt et qu’en attendant, je devais me concentrer sur mon éducation occidentale.

Un maître réincarné est-il un bon élève ? Si on en croit mon bulletin de notes, pas vraiment ! Je n’aimais pas aller à l’école. Mes interactions avec les autres élèves, ma façon de parler et mon comportement, surtout pendant la récréation, m’isolaient. Je parlais souvent des souvenirs de ma vie passée, de mon identité en temps que réincarnation d’un moine bouddhiste tibétain, et même du Palais du Potala au Tibet, que je désignais comme mon endroit favoris dans le monde. Je n’aimais pas « jouer à la guerre » ou me battre comme les autres garçons, bien que j’aie toujours eu un penchant particulier pour le hockey sur glace auquel je jouais à côté de la cafétéria au quatrième étage. Parce qu’ils ne me comprenaient pas, les autres enfants se moquaient de moi et m’intimidaient et je me rappelle parfaitement être rentré plus d’une fois de l’école après avoir été brutalisé ou même battu. Je détestais aussi étudier car je ne comprenais pas l’intérêt qu’il y avait à apprendre les sujets qu’on y enseignait. Bien sûr les maths et la géographie me semblaient utiles pour la culture générale, mais je ne voyais pas comment ils pouvaient aider quelqu’un à atteindre l’éveil. Mes notes reflétaient ce manque d’intérêt et je me souviens que mes parents recevaient des remarques sur mes bulletins de notes telles que « bon élève, mais nous savons qu’il peut faire mieux » ou « il ne s’investit pas complètement, il devrait travailler plus ». Personnellement, cela ne m’inquiétait pas. En réalité, je concentrais la majorité de mes efforts à l’école à essayer de rester physiquement indemne.

La pression constante que mes parents subissaient de la part des moines en Inde pour que j’aille là-bas n’était sans doute pas étrangère non plus à mes médiocres performances scolaires. Je n’accuse pas ces moines de s’être mal conduits, car maintenant que je les connais mieux, je me rends compte du fait qu’ils agissaient de la seule façon qu’ils connaissaient à l’époque. Ne se rendant pas compte qu’ils avaient à faire à des personnes issues d’une culture différente de la leur, dont les valeurs étaient différentes, ils se comportaient comme ils l’auraient fait avec les parents d’un tulkou tibétain. Mais dans mon cas, ce comportement était tout à fait déplacé. Les moines se faisant de plus en plus pressants, mes parents tentèrent de trouver des moyens pour moi d’apprendre le tibétain et le bouddhisme sans m’éloigner trop de chez moi. Mais aucune de leurs tentatives ne semblait satisfaire les moines. Je fus envoyé dans des Centre Bouddhistes à Montréal, Toronto, Vancouver, puis en Californie et même en France, toujours dans l’espoir que je puisse y recevoir une éducation adaptée à mon statut de tulkou sans quitter l’occident, mais cela ne satisfaisait jamais les moines, surtout du fait que les enseignants résidants dans ces centres provenaient soit d’une autre école du bouddhisme tibétain, soi d’un autre monastère. Je revenais finalement toujours à la maison ou j’essayais de trouver une nouvelle solution pour résoudre ce problème.

Les déménagements constants, mes nombreuses absences de l’école, la séparation régulière d’avec mes parents et ma famille finirent par avoir raison de ma santé et je devins asthmatique, ce qui aggrava encore plus ma situation scolaire. Mes parents ne savaient plus quoi faire. Ils étaient déchirés entre leurs efforts pour être de « bons bouddhistes » et de « bons parents ». Le stress émotionnel et physique que tout cela générait fini par créer des tensions entre eux. En 1986, je n’allais plus du tout à l’école, mes parents étaient séparés, ce qui me rendait très triste, et tout le monde était d’accord pour dire qu’il était temps pour moi d’aller en Inde pour recevoir l’éducation dont j’avais soi disant besoin, au risque de gâcher ma vie à regarder la télévision en attendant que mes amis rentrent de l’école pour que je puisse jouer avec eux. C’est ainsi qu’à la fin du mois d’octobre 1986, j’ai dit au revoir à mon papa et à mes deux sœurs, ce qui fut l’une des expériences les plus douloureuses de ma vie, et partit pour l’Inde avec ma mère, qui resta avec moi environ deux mois pour s’assurer que j’étais bien installé. C’est là-bas que je devais passer les six prochaines années de ma vie à faire ce que je détestais le plus : étudier.

A la grande surprise de tout le monde, y compris moi, devenir moine au monastère me fit sentir comme un poisson qu’on avait remit dans l’eau. Je me sentais chez moi et me liais rapidement d’amitié avec les moines qui avaient été désignés pour s’occuper de moi. Je me rapprochais aussi d’autres occidentaux qui habitaient le monastère, tels que Djampa, un Néo-Zélandais dont les parents l’avaient abandonné au monastère lorsqu’il avait quatre ans. Il était plus vieux que moi et parlait le tibétain couramment. L’un des aspects de la vie monastique qui me passionnait était le débat. Le débat est l’un des principaux éléments de l’éducation monastique dans l’école Gelugpa car il est censé aiguiser notre sens de la logique et du raisonnement, tout en nous permettant d’apprendre et de comprendre les différentes doctrines bouddhistes. Très physique, le débat apparaît souvent comme une altercation ou un règlement de compte, alors que les intervenants sont en fait en train de débattre de subtils points de la doctrine bouddhiste. Pendant le débat, l’un des participants est assis et répond aux questions philosophiques qui lui sont lancées à toute vitesse par l’autre participant, qui est debout, tandis que les autres élèves de la classe sont assis face à face autour de lui. Celui qui est debout et qui joue le rôle d’examinateur, tape dans ses mains à la fin de chaque question pour solliciter une réponse immédiate. Les deux mains de l’examinateur symbolisent la sagesse pour la droite et la logique pour la gauche, et le fait de les frapper l’une contre l’autre signifie que l’on attend de l’étudiant qu’il utilise à la fois la sagesse et la logique pour formuler sa réponse. Lorsque le débat devient intéressant, d’autres étudiants cherchent à y participer, et le résultat peut ressembler à un match de catch professionnel. Mais il n’y absolument aucune animosité entre les participants et les bousculades se terminent souvent en rigolades. Je fus immédiatement séduit pas le débat et je voulu y participer immédiatement mais je ne connaissais pas assez bien le tibétain (malgré toutes les formations que j’avais reçues) pour pouvoir comprendre les conversations même les plus simples. Je devais donc attendre et….étudier !

Peu de temps après mon arrivée au monastère, Sa Sainteté le Dalai Lama s’y rendit pour donner des enseignements. Ma mère et mon nouveau tuteur lui demandèrent de choisir deux maîtres pour moi, ce qu’il fit, et c’est alors que commença ma formation de tulkou. Seulement trois mois plus tard, l’un de mes maîtres dit à mon tuteur que je devais commencer à participer aux débats. Il pensait que cela m’aiderait à apprendre mieux et plus rapidement le tibétain. Ce fut en effet le cas, et c’était un grand honneur d’apprendre que mon maître avait une telle confiance dans mes capacités. Le débat n’était pas la seule forme d’étude que je faisais: différentes classes remplissaient le reste de mes journées et j’arrivais souvent à étudier jusqu’à quatorze heures par jour. Mais au contraire des cours d’école au Canada, j’aimais vraiment étudier au monastère. J’avais enfin l’impression de ne plus perdre mon temps, d’étudier des choses utiles et importantes, à l’opposé des sujets mondains qui m’avaient été présentés à l’école. Etudier comment fonctionne l’esprit ou ce que signifie de pas avoir de « soi » me paraissait beaucoup plus important que d’étudier les maths ou même la géographie. Je me découvris une grande passion pour la philosophie, et pour la présentation aussi précise et claire que possible de la pensée à l’oral afin évacuer tout doute possible sur l’idée de départ. Je me régalais tellement que les quatorze heures d’études par jour passaient comme un éclair. Les années passèrent et arriva le moment de préparer les examens oraux en tibétain, où je ne parlais plus l’anglais qu’avec un accent comme si c’était ma seconde langue.

Mon séjour au monastère ne fit pas que transformer le cancre que j’étais en étudiant passionné ; il me permis de découvrir et d’intégrer complètement une autre culture. Non seulement je parlais couramment le tibétain, mais je pensais et je réagissais comme un tibétain. Je me sentais insulté par des choses que seuls les tibétains peuvent trouver insultantes, et je comprenais et appréciais leur humour (selon les canons occidentaux leurs blagues sont dépourvues de chute, ce qui fait qu’elles ne paraissent absolument pas drôles). On me disait souvent que je pensais comme un tibétain et que j’étais donc devenu un des leurs. C’était drôle d’entendre les tibétains me dire que je ne pouvais pas être occidental, puisque je pensais, parlais et réagissais comme eux. J’entendais les gens me dire « non, non… tu es tibétain », ou bien « de toute façon, tu es plus tibétain qu’occidental ». Cette expérience me permis de pénétrer plus profondément dans la culture tibétaine que la plupart et cela m’a beaucoup appris. Mais au fond de moi l’occidental commençait à s’impatienter. Je réfléchi à ma place dans ce monde en temps que tulkou et aussi en temps qu’occidental et j’en conclu que je devais être né en occident pour quelque chose et que c’est là-bas que ma vie devait avoir le plus de sens.

Après de nombreuses années d’études au monastère en Inde, je sentais que la vie pouvait m’apporter plus et je sentais que je n’étais pas en train d’accomplir ce pourquoi j’étais dans ce monde. Je voulais aider les autres à comprendre le caractère transitoire de l’existence et je voulais leur montrer le moyen de ne pas en être affecté. Je voulais aider les êtres à se libérer de leur souffrance et je voulais aussi leur enseigner un peu le bouddhisme et la culture tibétaine. Malgré le fait que les actions d’un moine sont toujours sensées être motivées par l’altruisme, je voulais que mon aide devienne plus tangible, plus réelle. Pour moi il y a une différence entre prier pour qu’une personne guérisse vite d’une maladie et lui apporter des soins pour l’aider personnellement à guérir. Ces idées provenaient peut-être de mon besoin d’occidental de preuves tangibles, je ne sais pas. J’étais convaincu que je pouvais faire plus de bien en étant en contact direct avec ceux que je voulais aider. De plus, les tibétains avaient déjà de nombreuses personnes pour s’occuper de leurs besoins spirituels, alors que les occidentaux étaient un peu sous-développés dans ce domaine. Après de nombreuses hésitations, méditations et une incroyable discussion avec Sa Sainteté le Dalai Lama, je décidais qu’il était temps que mon séjour au monastère prenne fin et que je retourner en occident.

C’est ainsi qu’en 1992, juste avant mon anniversaire de 20 ans, je fis le voyage de retour vers Montréal et ma famille où j’entamais des démarches pour accomplir les buts que je m’étais fixés. Je décidais que je souhaitais enseigner le bouddhisme et la culture tibétaine à l’université car cela me paraissait être le meilleur moyen d’enseigner ce que j’avais appris d’une façon sérieuse. Je refusais d’être un maître dans un Centre bouddhiste car je n’ai jamais aimé être révéré ou mis sur un trône et je n’aimais pas l’idée d’avoir des disciples. Je préfère avoir des étudiants qui sont là pour travailler, que des disciples qui boiraient chacune de mes paroles et qui finiraient par avoir plus de respect pour moi que pour les enseignements que je partagerais avec eux. Je voulais aussi étudier le bouddhisme et la civilisation tibétaine d’une façon plus objective que je ne l’avais fait jusqu’à présent, afin d’aboutir à une connaissance plus complète de ces deux éléments pour moi-même et pour les autres occidentaux.

En 1996 j’obtins un diplôme de Bachelier en Sciences Religieuses à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). En 1998, je décrochais un Master en études tibétaines à Paris et je m’inscrivis à l’Université d’Harvard où je reçu mon doctorat en 2007.

Depuis 2003 j’habite à Paris avec ma femme, ma meilleure amie d’enfance et d’aujourd’hui. Je pense que le défi le plus important que j’aie eu à relever dans ma vie jusqu’à présent a été de vivre simultanément ma vie d’occidental et de Tulkou. Ca na pas toujours été facile : j’ai souvent eu l’impression que l’un l’emporte sur l’autre (quand je n'arrive pas à consacrer assez de temps à la pratique de la méditation ou à l’inverse à celle du sport, par exemple). J'avais souvent l'impression que je ne devais ou ne pouvais incarner qu'un aspect de mon identité sans enlever de l'autre. Cela m'était difficile et je me sentais comme si je n'avais pas la possibilité dêtre moi-même. Heureusement, aujourd'hui tout cela a bien changé. A présent, je suis heureux d'être qui je suis et d'incarner TOUTES les différentes facettes de mon identité. Et je suis convaincu que tous ces aspects de moi se renforcent mutuellement et se complémentent.

Professionnellement, je suis devenu psychopraticien en Gestalt, une école de psychothérapie relationnelle et systémique qui prend en compte l'être humain dans sa totalité. J’enseigne également des ateliers de méditation à des débutants et des pratiquants avancés en groupe et en privé. Aider les autres à retrouver un état de bien-être et de tranquillité naturels donne un vrai sens à mon existence et me comble de joie. Bien sur, ce n'est pas toujours facile. Il y a des jours où cela me semble même particulièrement complèxe. Mais le sentiment qu’en faisant cela ma vie prend un sens profond me donnent l'énergie et le courage de continuer à œuvrer pour le bien de tous.


1Fondé en 1416, Drepung est un des plus importants monastères du Tibet Central avec Ganden (fondé en 1409) et Sera (fondé en 1419). A son apogée, Drepung était le monastère le plus peuplé du monde, comptant environ 10 000 moines.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.